Taux obligataires négatifs, comment est-ce possible ?

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Quelques exemples d’obligations à taux d’intérêts négatifs existent, mais peu d’explications concrètes circulent à ce sujet. Faisons la lumière sur ce phénomène mystérieux.

Le 22 Mars 2019, le gouvernement allemand émettait des obligations à 10 ans au taux de -0,0143%. Des investisseurs vont donc payer pour prêter de l’argent à l’Etat allemand… Comment comprendre ce comportement étrange ? Quels sont les effets sur l’économie réelle ? Tentons d’expliquer clairement les causes de ce phénomène.

Qu’est-ce qu’un taux obligataire négatif ?

Un taux obligataire négatif signifie que les investisseurs ne recevront pas d’intérêts, au contraire ils récupéreront une somme d’argent inférieure à la somme placée.

A première vue, ce phénomène semble n’avoir aucun sens. Lorsqu’un investisseur prête de l’argent à un autre acteur, il s’attend en effet à ce que son argent lui rapporte des intérêts en contrepartie du risque (l’emprunteur pourrait ne pas rembourser) et du coût d’opportunité (le prêteur ne pourra pas se servir de cet argent pendant toute la durée du prêt).

Comment expliquer ce phénomène ?

Certains Etats sont considérés comme des acteurs très sûrs, dans l’esprit des investisseurs, le risque de non remboursement est donc quasi-nul. Placer son argent auprès d’un Etat « sérieux » revient ainsi à « placer son argent dans un coffre-fort ». Certaines obligations d’Etat profitent alors pleinement de ce statut de valeur refuge (quitte à payer cette sécurité au prix fort).

Par ailleurs, les obligations sont des produits financiers cotés sur les marchés boursiers, et leurs prix fluctuent donc au fil des jours. Au-delà des intérêts, les investisseurs disposent donc d’une autre source de revenus potentiels : la revente des obligations. En effet, si le prix de l’obligation augmente suffisamment pour couvrir les pertes liées aux taux d’intérêt négatifs, l’investisseur peut malgré tout réaliser une plus value.

Malgré tout, si la présence de taux obligataires négatifs pourrait être interprétée comme le signe d’une confiance absolue envers les Etats, il ne faut pas oublier non plus que cette situation insolite révèle aussi le manque de confiance des investisseurs envers l’avenir.

Thomas BERNARD SKEMA Finance