Le trading est une activité source de nombreux fantasmes. Médias et politiques entretiennent aux yeux de l’opinion publique l’image sulfureuse des traders. Ces professionnels, montrés du doigt comme étant à l’origine de la crise financière, souffrent d’une mauvaise image que les scandales financiers à répétition (de Nick Leeson à Jérôme Kerviel, en passant par Bruno Iksil) n’ont rien fait pour arranger. Les traders peinent à se défaire de ces clichés et ont bien souvent l’étiquette des rogue traders (traders voyous) collées sur le front. Mais qu’en est-il réellement ?

“Greed is good” (Gordon Gekko, Wall Street)

L’un des premiers films ayant mis en avant la profession de trader fut Wall Street en 1987. Ce film réalisé par Oliver Stone raconte l’histoire de Bud Fox, un jeune courtier plein d’ambition joué par Charlie Sheen, et le moins que l’on puisse dire, c’est que la profession n’est pas présentée sous son aspect le plus moral…

Cocaïne, call girls, et autres excès s’enchaînent et poussent notre jeune trader dans un cercle vicieux qui s’achèvera par la case prison. Vous conviendrez qu’il existe des façons plus mélioratives de présenter une profession aux yeux du grand public !

WS Charlie

Le premier fantasme lié au trading est intimement lié à l’argent.

Quelle que soit la zone géographique, et tout particulièrement en Europe, l’argent reste un sujet tabou. Les professionnels en charge de transactions pouvant atteindre plusieurs milliards de dollars sont donc les premiers visés lorsque l’immoralité du système financier est dénoncée. « Les traders sont responsables de la crise, ils spéculent avec notre argent pour s’enrichir», combien de fois avez-vous pu entendre une phrase similaire à celle-ci depuis la crise des subprimes ?

Reconnaissons-le, la principale raison d’un si grand nombre de préjugés autour du trading est liée au manque de connaissances sur les différents métiers du monde financier. Si bien que le terme « trader » est employé à tort et à travers. En effet, nombreux sont ceux qui ne savent pas faire la différence entre un trader, un analyste financier, un gérant, voire un banquier. (Voir notre article Comment devient-on trader ?). Certaines personnes affirment donc sans réfléchir que les traders ont été les responsables de la crise grecque. Le trader est-il l’incarnation du mal ? Non ! Sans en faire l’apologie, n’oublions-pas qu’un trader est avant tout un courtier, un maillon essentiel de la logistique économique.

Une profession très (trop ?) bien payée

On entend souvent dire que les sommes d’argent gagnées par les traders sont bien trop importantes : le salaire annuel moyen à Wall Street (hors bonus) serait de 360 000$. Certains facteurs permettent toutefois d’expliquer l’importance de ces salaires. En effet, la profession reste sans aucun doute la plus compétitive du secteur financier. Seuls les étudiants issus des meilleurs établissements peuvent espérer accéder à ces fonctions au terme d’une sélection drastique. De plus, le rythme de travail et le stress engendré par les opérations ne permettent pas de faire toute une carrière au poste de trader. De très nombreux employés choisissent donc de travailler quelques années en tant que trader avant d’envisager une reconversion moins stressante grâce au capital épargné.

Une vie débridée et remplie d’excès

Les ouvrages et films relatant l’histoire de jeunes gens arrogants au volant de véhicules de luxe, buvant une coupe de champagne et entourés de call girls, ne manquent pas. En effet, que ce soit dans « Le Loup de Wall Street » ou « Cityboy, confessions explosives d’un trader repenti », l’argent est dépensé sans compter et les excès semblent animer le quotidien des traders. Si les professionnels du milieu reconnaissent certaines dérives, elles sont cependant limitées. La médiatisation de ces dérives a en effet obligé les professionnels à davantage de discrétion. Notons que la crise a entrainé de nombreux licenciements qui ont forcé les traders les plus fantasques à se faire discrets…

Après tout, imaginer que de jeunes célibataires fortunés, constamment en voyage, puissent avoir envie d’évacuer la pression accumulée lors des heures de travail vous surprend-t-il vraiment ?