Précédemment, nous avons vu qu’un produit dérivé est un produit financier dont la valeur dépend directement de la valeur d’un deuxième actif appelé (sous-jacent). Parmi ces produits dérivés, le contrat à terme est un des plus populaires.

Le contrat à terme est un accord par lequel un acheteur et un vendeur s’engagent à échanger un actif dans le futur à un prix établi dans un contrat.

Pour illustrer ce point, prenons l’exemple du contrat à terme CAC40. Ce contrat à terme est un produit dérivé dont la valeur dépend directement de son sous-jacent : l’indice boursier français CAC40. Dans le cadre de ce contrat, deux investisseurs s’engagent lors de la signature à s’échanger l’équivalent de l’indice CAC40 à une date future, à un prix fixé dans le contrat.

Ils s’engagent par exemple fin février 2017, à s’échanger l’équivalent de l’indice boursier CAC40 à un prix de 5000 points fin mars 2017. Ce qui signifie que lors de l’arrivée à échéance du contrat fin mars 2017, l’acheteur paye le prix de 5000 points établi lors de la signature du contrat fin février et acquiert le CAC40. Le vendeur reçoit quant à lui le prix établi de 5000 points et cède le CAC40.

Analysons 3 situations possibles : une stagnation de l’indice CAC40 entre fin février et fin mars, une hausse, et une baisse.

1 – Si les cours restent stables avec un CAC40 à 5000 points fin mars.
A échéance du contrat fin mars, l’acheteur paye 5000 points pour acquérir un CAC40 dont la valeur est de 5000 points. Le vendeur reçoit quant à lui 5000 points pour céder un CAC40 dont la valeur est de 5000 points. L’opération est donc neutre pour nos deux investisseurs.

2 – Si les cours progressent avec un CAC40 à 5500 points fin mars.
A échéance du contrat fin mars, l’acheteur paye 5000 points pour acquérir un CAC40 dont la valeur est de 5500 points. Il réalise donc une plus value de 500 points. Le vendeur reçoit quant à lui 5000 points pour céder un CAC40 dont la valeur est de 5500 points. Il réalise donc une moins value de 500 points. L’acheteur sort gagnant de cette transaction.

3 – Si les cours baissent avec un CAC40 à 4500 points fin mars.
A échéance du contrat fin mars, l’acheteur paye 5000 points pour acquérir un CAC40 dont la valeur est de 4500 points. Il réalise donc une moins value de 500 points. Le vendeur reçoit quant à lui 5000 points pour céder un CAC40 dont la valeur est de 4500 points. Il réalise donc une plus value de 500 points et sort gagnant de cette transaction.

La seule transaction financière entre nos deux investisseurs n’a donc lieu qu’à l’arrivée à échéance du contrat fin mars. Puisque dans les faits, au lieu de procéder à un échange Argent VS CAC40, la partie perdante se contente de verser à la partie gagnante la différence de valeur entre le prix fixé dans le contrat et le prix à échéance. Cette transaction marque la fin du contrat, on dit que « la position est débouclée ».

Ces contrats à terme peuvent être échangés sur deux types de marchés. Soit sur un marché non-organisé dit de gré à gré, directement entre investisseurs, on parle alors de contrats Forwards. Soit sur un marché organisé autour d’une chambre de compensation faisant office de contrepartie pour l’ensemble des transactions, on parle alors de contrats Futures.

Sur les marchés de gré à gré, il est malheureusement possible de tomber sur un mauvais payeur qui, faute de moyens suffisants, ne tiendrait pas les engagements du contrat… Il y a donc un risque de défaut de la contrepartie.

Ce risque de défaut présent sur le marché des Forwards est cependant absent du marché des Futures, puisque l’ensemble des investisseurs s’engagent par contrat auprès d’une Chambre de compensation : une institution financière exempte de risque de défaut qui leur demande de respecter des règles strictes.

La première exigence est celle du dépôt de garanti qui correspond à la somme minimale requise pour entrer en position sur un contrat Future. A chaque nouvelle ouverture de position, l’investisseur doit donc immobiliser une part de son capital pour couvrir le risque de la position ouverte.

Suite à l’entrée en position, le compte de l’investisseur fait l’objet d’un Mark To Market quotidien. En d’autres termes, les plus ou moins values de la journée sont comptabilisées chaque soir. Et si suite à un mouvement défavorable des prix, l’investisseur enregistre une perte financière et ne dispose plus du dépôt de garanti exigé, il connaît un appel de marge. Il doit alors alimenter son compte afin d’atteindre de nouveau le niveau de garanti exigé, ou bien procéder à la clôture partielle voire totale de ses positions pour réduire le montant du dépôt de garanti requis. Sans réaction de sa part, la Chambre de Compensation clôture ses positions.

Afin de limiter le risque de défaut des intervenants (la probabilité qu’un investisseur ne puisse pas faire face à ses appels de marge), la Chambre de Compensation fixe également une variation maximale journalière au-delà de laquelle le marché est fermé. Lorsque le marché est fermé suite à une forte hausse, le marché est limit up. Inversement, lorsque ce dernier est fermé suite à une forte baisse, il est limit down.

En cas de limitation à la hausse ou à la baisse, le marché est interrompu jusqu’à ce que la Chambre de Compensation ait pu procéder aux appels de marge auprès des investisseurs n’ayant pas de dépôts de garantie suffisants : Intraday Margin Call. Une fois l’ensemble des appels de marge collectés, le marché peut reprendre son cours.

Relation mathématique entre Indice et Future

La valeur d’un euro aujourd’hui n’est pas la même que celle d’un euro demain. En effet, l’argent non utilisé peut être placé afin de rapporter des intérêts. Pour connaître la valeur d’un Future CAC40 aujourd’hui, il faut donc commencer par actualiser sa valeur future, c’est-à-dire commencer par calculer la valeur que l’investisseur devrait placer aujourd’hui pour obtenir à la date d’échéance la valeur du CAC40 grâce aux intérêts perçus.

Ce premier point explique en partie les différences de prix observables entre l’indice CAC40 et le FUTURE CAC40. Un autre élément doit cependant être considéré, celui des dividendes versés sur la période courant jusqu’à l’échéance du contrat Future.

D’un point de vue mathématique, la valeur du Future CAC40 à un moment donné (F0) est donc égale à la valeur de l’indice CAC40 (S0) actualisée au taux sans risque et ajustée des éventuels versements de dividendes.

Formule sans dividende d’ici à l’échéance du contrat Future : F0 = S0 x erT

Formule avec dividende d’ici à l’échéance du contrat Future : F0 = S0 x e(r-d)T

Où r correspond au taux sans risque, d au rendement lié aux dividendes et T au temps restant jusqu’à l’échéance du contrat Future.

 

Alors pourquoi intervenir sur le Future CAC40 ?

Rappelons-le un indice boursier tel que le CAC40 ne peut pas s’échanger directement puisqu’il n’est rien d’autre que le résultat d’un calcul mathématique. Pour s’échanger l’équivalent du CAC40 les investisseurs ont donc généralement recours au contrat Future CAC40.

Ce dernier peut être utilisé à des fins spéculatives : Pour Trader l’indice boursier CAC40, les Traders prennent des positions à l’achat ou à la vente sur les contrats Futures. Positions qui peuvent être fermées à tout moment par le Trader qui enregistrera selon que l’évolution des cours lui aura été favorable ou défavorable, une plus value ou une moins value.

Mais le Future CAC40 peut également être utilisé par les investisseurs souhaitant se protéger d’une éventuelle baisse du marché, on parle alors de Stratégie de couverture.

Pour finir, il est possible via le site de la Bourse NYSE Euronext d’accéder à tout un tas d’informations pratiques et techniques sur le Future CAC40. Qu’il s’agisse de ses heures de cotation( 8h-22h), de son Trading Code (FCE) ou d’autres paramètres plus techniques !